Archives de l’auteur : Claire Mélanie

En contrée Dwemer

Quand, au détour d’autres architectures, l’arrière d’une grande maison vous évoque un univers de jeu vidéo, le monde Dwemer dans Morrowind (The Elder Scrolls). Et cette vision d’évoquer le bruit des portes rouillées de mine qui s’ouvrent. Une sorte de bruit de petite cuiller proustienne, (Le Temps retrouvé) mais sensoriellement à l’envers.

Invitation

Un portail est à la fois invitation et barrière, ouverture et obstacle, entrée et sortie. C’est le mouvement dans son existence figée, la potentialité d’un devenir, le désir d’un chemin, la possibilité ou l’impossibilité de la fuite.

C’est une ouverture vers autrui, un intime, chez l’autre ; un peu chez soi quand le regard porte à travers ? Un peu de voyeurisme, un peu d’envie sur cet ailleurs si proche – qui nous est pourtant définitivement interdit.

Effet de serre

Les serres du Jardin des plantes de Rouen ont été rénovées. Fermées depuis novembre 2017, elles ont réouvert lors du Festival Graines de jardin des 18 et 19 mai dernier. Elles ont été, pour la plupart d’entre elles, modernisées. Sans aucun doute, l’architecture XIXème de sept des serres (construites à l’origine entre 1883 et 1885) devait avoir un charme certain, mais l’esprit est conservé, davantage même pour la grande serre centrale avec sa grande verrière voûtée. Les esprits totalement chagrins regretteront la modernité. Certes, un peu de charme perdu, mais beaucoup de transparence gagnée.

Contes et légendes

A Pont-de-L’Arche, dans l’Eure (27), on y trouve des constructions anciennes, quelques jolis bâtis, et à son orée, l’abbaye de Bonport, dont le passé en lien avec celui de Richard Coeur de Lion, rappelle un certain passé glorieux et mouvementé de la Normandie.

Dans la vieille ville, rue du Président Roosevelt, réalisée par Libre-Equerre, une longue fresque dont l’image dessous n’est qu’un extrait, allie anciens et modernes pour, de manière réussie, recouvrir un long rideau de fer sinon contestable dans cette jolie rue aux maisons moyenâgeuses. On y voit un chat botté à l’ancienne, un chat botté plus contemporain, Bécassine, une femme en rouge (clin d’oeil cinématographique ?), où l’on semble surtout nous dire, comme Calderon à son époque, la vie est une illusion, « le monde est un songe », mais d’une manière joyeuse, c’est une invitation à la fantaisie, au fantasque, à l’émerveillement, l’ici est aussi le là-bas et le maintenant l’avant. Le passant interpellé par l’image, doublement au sens propre, fresque en surimpression, chat qui nous nargue, chat qui nous harangue, s’arrête – et prend une photo.