Jeunesse et Submersion

Vous pouvez retrouver deux de mes textes, Jeunesse et Submersion dans le numéro 3 de la revue Résonances aux éditions Jacques Flament.

Pour commander la revue : sur le site de l’éditeur

Extraits

Un vent prudent s’engouffrait par la fenêtre qu’elle avait laissé ouverte. Assise dans l’escalier, qui, par chance, n’était lui pas trop vermoulu, elle aimait regarder batifoler le voile, soutenu dans cette danse par un long rayon de soleil.

C’était son repère, sa tanière de brigand, son cocon lumineux, son aventure solitaire.

Elle n’était pas la seule à connaître l’existence de ce hameau déserté mais elle était l’une des rares à s’y aventurer. Cette survivance des choses comme le signe ironique d’une disparition la fascinait.

Jeunesse


J’en étais là de mon dialogue invisible avec les arbres – je n’étais pas plus mal. Un jour, j’avais accédé à leur dimension floue et ils m’avaient parlé. Je ne comprenais pas tout, souvent, ils m’énervaient : trop savants, trop anciens, trop sages ; oh mais leur fureur glaçante, leur sauvage fureur glaçante, voilà qui me les rendait sympathiques. Ce qui ne m’empêchait pas de me terrer, petit petit quand je la voyais poindre, comme une lumière d’abord feutrée, au loin – tandis qu’elle s’amplifiait, éblouissait, éclaboussait, jetait, secouait – et tout redevenait ensuite placide, feutré d’attentes, vénéneux dans de la soie.

Submersion

Cinéma en haïku

J’avais envoyé trois haïkus sur le thème du cinéma à la Haïku Canada Review, qui n’en retient toujours qu’un par auteur. Je sais désormais lequel a été publié dans le numéro de février 2021. Je peux donc vous proposer ici les deux autres à la lecture.


fin du Septième sceau

chevalier du septième art

silence absolu


gravir les marches

fauteuil rouge et tapis noir

luxe en carte pass

Fleurs pour se raconter des histoires

Il y aurait une fleur très ancienne et très sage, elle n’aurait plus tous ses pétales mais continuerait de vivre fièrement. Elle aurait connu grands vents et tempêtes. Elle se serait liée d’une amitié indéfectible avec cette jolie fleur à la crinière de lion. Non loin, une fleur admirative mais un peu suiveuse aurait secoué sa chevelure de pétales pour ressembler à cette aînée si affirmée. Elle aurait nourri tendrement de chansons douces la petite pousse devenue si grande. Qui adorerait discuter avec des fleurs aux pétales si différents.

Série Maison farfelue

Pour me détendre, et parce que j’y trouve de l’amusement, il m’arrive souvent d’emprunter un feutre à mon fils, et de dessiner. Extraits.

L’architecte n’était pas très réveillé
Maison-poupée
Maison prétentieuse
Maison-champignon
Maison troglodyte ou maison hobbit
Maison bateau
Maison théière
Maison sucrier
Fausses jumelles
Maison théière 2
Maison jarre