Premier oeillet

Tout est dans le titre.

oeillet

Je n’ai pas toujours eu le temps ni les moyens de m’occuper très soigneusement de toutes les fleurs mises en pot. L’oeil du spectateur, sans même être averti, remarquera quelques pousses séchées, qui n’auront pas résisté à l’inhabituel soleil normand.

Et l’oeil averti reconnaîtra, dans le fond, les premières feuilles de liserons, qui pousseront, s’accrocheront à la palissade et s’ouvriront, violets, chaque matinée. Tout est un peu fouillis, mais c’est comme ça que je préfère le jardin ; un peu libre.

Atelier d’écriture en solitaire 11 – Vacancelle

J’ai fait appel aux volontaires, notamment sur la page Facebook de L’Espace Lune, pour des propositions de mot dans le cadre d’un auto-atelier d’écriture en solitaire. Règle du jeu : 5 à 8 minutes maximum pour écrire un texte à partir du mot proposé (qui devra figurer dans le texte). Je note au début du texte, l’heure de début de rédaction, et à la fin, l’heure de fin.

Mot traité aujourd’hui : « vacancelle ». Ou comment ce terme inexorablement m’imposait d’utiliser aussi le mot escarpolette. Liaison intime dans le souvenir d’Une partie de campagne de Guy de Maupassant.

11h11


L’escarpolette était en place. Cette vacancelle s’annonçait bien. Un temps ensoleillé mais à bonne température, du vin au frais, un petit air léger comme une bise intime. À regarder l’herbe, il la voyait déjà sourire de son sourire cru, sans retenue. C’était la première fois qu’il l’amènerait ici, au bord de cette eau traîtresse mais qui faisait illusion quand on y trempait les pieds. Les saules ajoutaient au pittoresque qu’il recherchait sans vergogne. Il l’imaginait déjà les chevilles nues tandis qu’il montrerait l’exemple en relevant ses pantalons jusqu’aux genoux. Il s’assit paisiblement sur la plage rudimentaire. Il savoura cet instant, il se redoutait comme l’insatisfait permanent et se promit de laisser de côté, pour elle, quelques moments, ce travers.


11h19

Chat Pacha

Je n’aurais jamais cru tomber dans la caricature, mais me voilà y sautant à pieds joints, publiant allègrement, ici ou sur instagram, des photos de fleurs et de chat. Bon, je ne suis pas encore dans le LOL Cat (pas loin cette fois, mais pas encore). La faute au Covid-19, à la grossesse et au sur place. Des excuses. J’assume en fait totalement mes publications, les fleurs me fascinent et j’adore mon chat.

Chat

Sous les pavots, la plage

coquelicot

Coquelicot, pavot, les noms sont divers pour cette fleur oscillant entre le rouge profond et l’orange intime.

Sous les pavots la plage, au pied de l’arbre, l’évasion matinale à observer les nouvelles fleurs poussées ou écloses. Cette fois, je procéderai à l’envers, d’abord le coquelicot ouvert puis je mettrai en ligne la version fermée.

coquelicot

En post-confinement mais enfermée dans un corps de fin de grossesse, les jours se ressemblent, entre suivi médical rapproché, mouvements limités, sieste(s) incontournable(s). Le rythme est lent, très lent, la concentration aléatoire.

coquelicot

Sous les pavots la plage, jeu de mots approximatif pour une vérité pas si lointaine.

Atelier d’écriture en solitaire 10 – Marron

J’ai fait appel aux volontaires, notamment sur la page Facebook de L’Espace Lune, pour des propositions de mot dans le cadre d’un auto-atelier d’écriture en solitaire. Règle du jeu : 5 à 8 minutes maximum pour écrire un texte à partir du mot proposé (qui devra figurer dans le texte). Je note au début du texte, l’heure de début de rédaction, et à la fin, l’heure de fin.

Mot traité aujourd’hui : « marron ». Où comment le mettre tout au début pour s’en éloigner.

21h00

Marron, la terre avait parlé, dans l’au-delà de ses bras, l’encerclement d’un avenir incertain. À ses pieds la boue, devant ses yeux, la poussière humide de l’étendue hostile. Sa poitrine l’oppressait, ses côtes broyaient son coeur, elle étouffait à respirer à pleins poumons. Depuis deux semaines, la marche ne l’avait pas plus éclairée qu’une journée passée à ruminer. Elle ne savait toujours pas quoi faire, et en plus elle était épuisée. Ses ennemis restaient ses ennemis ; ses alliés lui étaient devenus douteux à force d’y penser. Et à aucun moment la contemplation morne du pas solitaire n’avait ouvert chez elle une vision bienveillante – où une bonté nouvelle de son âme aurait rayonné pour dépasser ses haines et ses rancoeurs. Définitivement, boue et poussière lui allaient bien.

21h07