De l’absence et de quelques remarques sur la grossesse

La grossesse n’est pas une maladie, mais elle peut rendre malade, très malade. J’en avais fait l’expérience, sous une première forme lors de ma première grossesse, où mon corps surmené par la croissance d’un bébé qu’il n’acceptait physiologiquement que très difficilement, commençait à m’empoisonner petit à petit, doucement mais sûrement. Mettant en péril la mère et l’enfant.

La grossesse n’est pas une maladie, mais elle peut rendre malade, très malade. J’en ai fait l’expérience dès le début de cette seconde grossesse. Je ne ferai pas ici le récit complet des affres des premiers mois, des affres qui n’en finissent plus de finir et qui franchissent allègrement la limite symbolique des trois mois. Ce sera pour une autre occasion. Mais cette expérience permet de vivre pleinement les absurdités de la nature et la relation souvent archaïque que l’on peut avoir à la grossesse. Puisque cet état résulte de l’acte que l’inconscient classe sûrement parmi ceux les plus proches de l’ordre naturel (procréation), tout ce qui s’ensuit doit être accepté comme appartenant au même ordre naturel des choses et doit être accueilli sans se plaindre et sans même chercher à comprendre ou à soulager le mal-être, les malaises, l’anéantissement quasi-total de l’énergie, mélange de shoot hormonal et d’incapacité à se nourrir dans le moment-même où le corps réclame si vivement d’être nourri pour façonner. Une vraie dépossession de soi où l’on sombre dans une léthargie qui n’en finit plus de s’étirer.

Comme tout cela relève de la nature, il faudra donc se contenter d’un « cela passera », « c’est pour la bonne cause », certes partant d’une bonne intention. Mais sans intervention de la médecine, mon premier enfant ne serait jamais né et je n’aurais jamais survécu. Où est-elle alors la naturalité qu’il faut laisser faire ? Les femmes sont-elles toujours et encore obligées d’enfanter dans la douleur ? La médecine ne s’est en tout cas que peu intéressée aux nausées gravidiques de la femme enceinte (c’est en train de changer) ou plus généralement aux moyens de soulager un peu cette dépossession physique qui peut finir par devenir une dépossession cognitive.

Où l’on comprendra donc que mon silence n’était pas injustifié.

En contrée Dwemer

Quand, au détour d’autres architectures, l’arrière d’une grande maison vous évoque un univers de jeu vidéo, le monde Dwemer dans Morrowind (The Elder Scrolls). Et cette vision d’évoquer le bruit des portes rouillées de mine qui s’ouvrent. Une sorte de bruit de petite cuiller proustienne, (Le Temps retrouvé) mais sensoriellement à l’envers.

Invitation

Un portail est à la fois invitation et barrière, ouverture et obstacle, entrée et sortie. C’est le mouvement dans son existence figée, la potentialité d’un devenir, le désir d’un chemin, la possibilité ou l’impossibilité de la fuite.

C’est une ouverture vers autrui, un intime, chez l’autre ; un peu chez soi quand le regard porte à travers ? Un peu de voyeurisme, un peu d’envie sur cet ailleurs si proche – qui nous est pourtant définitivement interdit.

Effet de serre

Les serres du Jardin des plantes de Rouen ont été rénovées. Fermées depuis novembre 2017, elles ont réouvert lors du Festival Graines de jardin des 18 et 19 mai dernier. Elles ont été, pour la plupart d’entre elles, modernisées. Sans aucun doute, l’architecture XIXème de sept des serres (construites à l’origine entre 1883 et 1885) devait avoir un charme certain, mais l’esprit est conservé, davantage même pour la grande serre centrale avec sa grande verrière voûtée. Les esprits totalement chagrins regretteront la modernité. Certes, un peu de charme perdu, mais beaucoup de transparence gagnée.